Agirs à l’adolescence : avec ou sans fantasme ?

PARIS (75) - France

Colloque organisé par le Collège international de l'adolescence (CILA).
 
Qu’il soit question de séduction, de parricide ou de captation narcissique, les mythes psychanalytiques animés par des adolescents, tels que ceux d’Œdipe, Narcisse ou encore ceux de la horde primitive, déplient par leurs actes autant de fantasmes originaires. L’adolescent d’aujourd’hui, siège d’une pulsionnalité brute, est parfois comme privé de parole, mobilisant de façon régressive les champs des agirs : attaques du corps, conduites risquées, violences, anorexies, tentation suicidaire, etc, nous le montrent dans le quotidien de nos pratiques cliniques. 
S. Freud, en dépit de certaines découvertes décisives comme l’acte manqué, a laissé la question des agirs particulièrement ouverte dans son œuvre ; la polysémie actuelle de la nomination des actes dans le champ clinique (passage par l’acte, actuation, mise en acte, acting out, recours à l’acte, agir, réalis-action, etc) témoigne de l’impression de flou conceptuel initial. Plusieurs interrogations cliniques restent pourtant d’une brûlante actualité : quel rapport entretiennent les actes avec la vie psychique ? Sont-ils à même de mobiliser le sujet quant à ses capacités de symbolisation et de fantasmatisation ? Une confusion s'est immiscée dans un certain nombre d'écrits concernant la place du fantasme au moment de la réalisation de l'acte. Ce malentendu consiste à considérer que tout acte symptomatique se fait au détriment de la pensée en abrasant la représentation. Or, si cette éradication de la pensée peut souvent être imputée au passage à l'acte, il n'en va pas de même pour d'autres actes, dont l'acting out. Pour ceux- ci, l'acte et la pensée ne s'opposent pas mais interagissent au moment même de l'accomplissement de l'action. En revanche, ce type d'acte repousse un processus élaboratif qui, s'il avait pu se développer, aurait empêché l'acte d'advenir ou lui aurait donné une autre forme. Nous différencierons notamment les actes ayant conservé une valence objectale et qui représentent un appel à l’environnement, des actes à valence narcissique qui tendent à éradiquer l’autre en tant qu’objet total et humain, visant avant tout à tenter de figurer des traumatismes précoces. L’agir peut-il pour autant être réduit à un appel au tiers et à l’environnement d’un côté ou, de l’autre, à une réaction maniaque face à une crainte d’effondrement ? Davantage que la capacité à fantasmer, c’est la possibilité de dire qui est remplacée par l’acte.
Ce colloque, qui tend à mettre en évidence la vitalité et le sens des agirs adolescents, par-delà leur apparente répétition parfois décourageante, s’adresse à tous les professionnels mobilisés par cette clinique.
 
Lieu : USIC
 
Renseignements :
Site : http://cila-adolescence.com/

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