Diffusion de la psychanalyse dans le monde, du temps de la vie de Freud

Le Journal des psychologues n°242

Dossier : journal des psychologues n°242

Extrait du dossier : La pluridisciplinarité : le psychologue et les autres
Date de parution : Novembre 2006
Rubrique dans le JDP : Pages actuelles
Nombre de mots : 3600

Auteur(s) : Douville Olivier

Présentation

Cent cinquante ans après la naissance de Freud, la pensée de l’inventeur de la psychanalyse reste toujours aussi vivace, en témoignent les attaques périodiques dont elle fait l’objet. Pour autant, il est opportun de rappeler que les thèses de Freud, leur évolution, furent l’objet d’un combat de toute une vie.
Voici le cinquième volet de cette chronologie : de 1924 à 1929.

Détail de l'article

1924 lCongrès de Salzbourg, en l’absence de Freud. Après le retour d’Eitingon, Freud, en faisant appel à Rado, provoque un entretien avec Abraham et Sachs pour régler la situation de Rank. Son départ est obtenu. « Nous avons perdu l’un de nos meilleurs éléments, mais ce n’était tout de même que l’un d’entre nous » (Freud le 12 novembre 1924 à K. Abraham). A. J. Storfer, psychanalyste viennois d’origine roumaine, remplace Rank au poste de directeur général de l’Internationale Psychoanaly-tische Verlag et assumera cette fonction jusqu’en 1932. Sandor Rado se voit confier la rédaction de l’Internationale Zeitschrift für Psychoanalyse, trois ans plus tard Freud lui confiera aussi la rédaction d’Imago. lBelgique – Parution d’un numéro spécial de la revue Le Disque vert (dir. F. Hellens, J. Paulhan et A. Salmon étant membres de la rédaction pour la France), intégralement consacré à des controverses et des hommages à propos de la psychanalyse. Psychanalystes, sommités médicales et litté-raires, dont certaines proches du surréalisme, y sont publiés :
G. Dwelshauwers (ultérieurement directeur du Laboratoire de psychologie expérimentale de Catalogne, il se montre très réservé vis-à-vis de la psychanalyse), V. Larbaud, A. Ombredane, H. Michaux, R. Crevel, F. Hellens (directeur de la publication, il se rapprochera ultérieurement des thèses de Jung). On peut citer de Crevel : « La psychanalyse nous permet de nous retrouver ; c’est beaucoup lorsqu’on songe au fatras de la civilisation ; à la vérité, elle a donné la notion d’une discipline plutôt que d’une science nouvelle. Aux plus audacieux, elle permet de trouver une morale, et encore une fois cette morale est individuelle, et c’est moins une morale qu’une hygiène d’âme » ; et de Larbaud : « Le désir, ou la manie, d’attribuer à la sexualité un rôle prépondé-rant sinon exclusif dans les phénomènes de l’émotivité donne à tous les développements de la doctrine de Freud un carac-tère de parti pris qui nous met en défiance. Et, du reste, s’il y a beaucoup de choses ingénieuses dans les exposés de Freud, il y en a aussi beaucoup qui nous paraissent arbitraires ou grossièrement déduites » ; de H. Michaux, enfin : « Si j’examine la folie, je trouve l’orgueil. Beaucoup plus de fous marquent l’orgueil que la libido. Dans le rêve même, l’instinct de conservation, l’instinct de domination, l’instinct de cupidité, se retrouvent. Freud voit dans les rêves des verges symboliques. Moi, j’y vois des poings, des assiettes de la faim, des maisons d’avarice. L’amour propre est l’instinct intrinsèque de l’homme. »

Julien Varendonck (1879-1924), qui fut élève de Freud et auteur de The Psychology of Day-Dreams (Psychologie des rêves éveillés, Londres, Allen & Unwin, 1921, préfacé par S. Freud et traduit par Anna Freud) et a séjourné à Vienne en 1923 pour y approfondir sa formation, ouvre un cabinet à Gand. Il mourra trop rapidement pour trouver analysants et élèves aptes à suivre sa voie.

• Brésil – À Porto Alegre, Joao Cesar de Castro publie Concep-tion freudienne des psychonévroses.

• Espagne – José Sànachis Banus, psychiatre favorable à Freud, fait paraître La cuestion del psicoanalisis.

États-Unis – L’American Psychoanalytic Association vote une résolution excluant tous les psychanalystes nonmédecins. Rank donne des conférences à New York auxquelles assiste un public nombreux.

• France – Publication du livre de R. Laforgue et R. Allendy, pré- facé par H. Claude et le Dr Lorge, La Psychanalyse des névroses. Eugénie Sokolnicka rédige le premier article sur la psychanalyse dans le Traité de pathologie médicale d’Émile Sergent. Publication de l’article de G. Politzer, « Le mythe de l’antipsychanalyse », qui défend l’œuvre de Freud tout en lui reprochant de continuer les travers de la psychologie classique : formalisme, abstraction et idéalisme. Publication d’un pamphlet antipsychanalytique, La Psychanalyse, de C. Blondel, au nombre des arguments : les succès thérapeutiques ne sont pas un gage de la solidité doctrinale, critique de la théorie freudienne relative à la sexualité.
lGrande-Bretagne – Les membres de la Société britannique de psychanalyse, fondée en 1919, créent l’Institute of Psy-choanalysis. Les premiers objectifs étaient de traiter les questions de trésorerie et les publications. Par la suite, l’institut assumera des tâches plus vastes : administration de la clinique et formation.

1925

• Juin, le 20 – Mort de Joseph Breuer à l’âge de quatre-vingtquatre ans.

• Du 2 au 5 septembre – IXe Congrès de l’IPA à Bad-Homburg, en Allemagne (président K. Abraham). Anna Freud y lit le texte que son père avait spécialement écrit pour l’occasion : « Quelques conséquences psychiques de la différence des sexes au niveau anatomique ». L’état de la santé de Freud l’empêche d’y assister et, à partir de là, il n’assistera plus aux congrès de psychanalyse.M. Eitingon instaure les règles de la psychanalyse didactique applicables à toutes les sociétés composantes de l’IPA par le biais d’une International Training Commission (ITC). lLe 25 décembre, mort de K. Abraham. Le 21 mai 1926, Freud à Binswanger : « Vous avez exactement deviné ce que la mort d’Abraham a représenté pour moi. Mais, quand on vit si longtemps, on ne peut pas toujours éviter d’être un survivant. Après tout, la psychanalyse n’est pas une affaire person-nelle et elle continuera d’exister, même si je n’en ai plus la maîtrise. »

Aichorn publie un livre sur ses prises en charge d’adolescents, Jeunesse à l’abandon, Freud lui donne une préface où il écrit « l’enfant est devenu l’objet principal de la recherche psychanalytique ; il a pris en quelque sorte le relais du névrosé, premier objet de cette recherche ». Dans Int. Journ. Psychoanal., E. Jones répond aux critiques de B. Malinowski ouvrant la controverse où brillera G. Roheim. Marie Bonaparte se rend à Vienne pour entreprendre une analyse avec Freud. Stefan Zweig dédidace à Freud son livre Le Combat avec le Démon (essai sur Kleist, Hölderin et Nietzsche). lBelgique – Un autre numéro duDisque Vert traite de la psychanalyse : « Des rêves ».

• France – Georges Heuyer, professeur de psychiatrie infantile à la faculté de médecine de Paris, crée dans sa clinique annexe un laboratoire de psychanalyse que dirige Sophie Morgenstern. Lors de son retour de New York, à la mi-février, Rank fait escale à Paris où il donne des conférences à la Sorbonne et a rencontré à plus d’une reprise des membres du noyau français : Laforgue, Sokolonicka, Bonaparte.
Parution du premier numéro d’une revue, L’Évolution psychiatrique, qui porte comme sous-titre Psychanalyse-Psychologie clinique. Juste à la suite de l’éditorial prend place un article vraisemblablement dû à Hesnard et Pichon « Aperçu historique de la psychanalyse en France », où l’on peut y lire « les médecins, neurologues et psychiatres, n’ont abordé l’examen des idées de Freud qu’avec une grande répugnance ».

• Grande-Bretagne, janvier – Londres, en décembre, à l’exemple de Berlin et de Vienne, inaugure un Institut de psychanalyse, fondé sur la base d’une donation d’une ancienne patiente de Jones, Pryns Hopkins. Les Strachey invitent Mélanie Klein à Londres pour une série de conférences durant trois semaines. lBrésil – Arthur Ramos, médecin psychiatre qui s’est inté-ressé à la criminologie, la psychiatrie et l’ethnologie, publie sa thèse « Primitif et folie », qui suscitera de nombreux commentaires. Ultérieurement, professeur renommé d’anthropologie, il écrivit quelques ouvrages psychanalytiques, bien qu’il n’eût aucune formation psychanalytique ni fît d’analyse personnelle. Il entretint une correspondance avec Freud, Jellife et Bleuler. Il fut le premier à publier, en 1934, une étude psychanalytique du nazisme. Le 11 février 1928, Freud écrira à Ramos : « Je viens de prendre connaissance de vos résultats à partir de vos rapports, je les trouve très intéressants et suis entièrement d’accord avec ce qui était attendu d’après les travaux psychanalytiques développés jusqu’alors. »

Durval Marcondes (1899-1981) a pris connaissance de l’œuvre de Freud par son professeur Franco da Rocha (luimême psychiatre de grande renommée qui publia quelques ouvrages sur la psychanalyse freudienne). Il ouvre un cabinet de consultation où il traite des névrosés par la méthode psychanalytique. lChili – Fernando Allende Navarro (1890-1981), le premier psychanalyste chilien, fit ses études médicales en Belgique, puis en Suisse où il travailla avec Rorschach. Membre de la Société suisse de psychanalyse, puis de la société psychanalytique de Paris, il fait valider son titre à l’université du Chili en soutenant sa thèse, « El valor de la psichoanàlisis en la policlinica ».
• Haïti – Semmering, villa Schüller, Freud le 9 juillet 1925 à K. Abraham : « Pour votre amusement, je vous raconte qu’a débarqué aujourd’hui un numéro du Matin, avec un éditorial sur la psychanalyse. Il semble n’y avoir là rien de spécial, mais le Matin en question paraît à Port-au-Prince à Haïti, et ce n’est pas tous les jours qu’on a de la correspondance de là-bas. »

Italie – Le 7 juin, à l’initiative de Marco Levi Bianchini, directeur de l’hôpital psychiatrique de Nocera Inferiore (Salerne), est créée la Società psicoanalitica Italiana. Seul E. Weiss avait été analysé.

1926

Freud rédige « La question de l’analyse profane », dont paraît immédiatement après une traduction en anglais destinée aux Américains et préfacée par Ferenczi. Une discussion sur cette question est organisée conjointement par l’Internatio-nal Journal of Psychoanalysis (de Jones) et la Zeitshrift für Psychoanalyse (de Rado). Jones, publiant en 1927 ces contributions dans un volume qui regroupe des interventions au Colloque sur la psychanalyse d’enfants (Londres, 1927), établit un lien entre ces deux questions dans la mesure où les médecins américains avaient le sentiment que leur position était menacée et redoutaient de voir des psychanalystes nonmédecins mener des cures d’enfants. Il juge « partiale » la position de Freud et recommande aux analystes de suivre des études de médecine. Cette position jugée inacceptable par Freud et Ferenczi a les faveurs d’Eitingon.
• Juin – Le psychiatre brésilien de Rio Belford Rowo rend visite à Freud. Le 25 octobre, Freud rend visite, à Vienne, à Rabindranath Tagore.

• Allemagne – Les psychiatres Robert Sommer et Wladimir Eliasberg fondent la Société générale de médecine psychothérapeutique. Parmi les membres A. Adler, C. G. Jung, K. Horney, E. Kretschmer, G. Groddeck, K. Lewin, E. Simmel. La Société allemande de psychanalyse refusa de reconnaître la Société générale de médecine psychothérapeutique où se trouvaient des « psychanalystes sauvages » désavoués par Freud (la Société générale de médecine psychothérapeutique visait à réunir tous les pratiquants des diverses formes de psychothérapie). En 1928, création du Journal de cette société qui prendra en 1930 le nom de Zentralblatt für Psychotherapie.
Création, à Francfort, de l’« Institut psychanalytique de la communauté ouvrière psychanalytique de l’Allemagne du Sud-Est » créé, après son analyse avec Freud en 1919, par Karl Landaeur, avec Calra Happel et Erich Fromm, entre autres. G. W. Pabst dirige W. Krauss (acteur du Cabinet du Dr. Caligari) dans Geheimnisse einer Seele (Les Mystères d’une âme), en collaboration avec K. Abraham et H. Sachs. lBrésil – Durval Marcondes est refusé au concours pour la chaire de littérature de l’École publique. Il y a présenté un texte « Le symbolisme esthétique dans la littérature. Essai basé sur les enseignements fournis par la psychanalyse ». Ce texte, publié avec une préface de Franco da Rocha, fut envoyé à Freud qui répond à l’envoi. Le psychiatre de Sao Paulo, Osorio Cesar, envoie à Freud son livre L’Art primitif des aliénés, mémoires de l’hospice de Juquery (Freud répond à cet envoi). Mise en route, pour une brève durée, de la première Clinique de psychanalyse au siège de la Ligue brésilienne d’hygiène mentale, à Rio. lÉtats-Unis – Entre 1926 et 1927, Ferenczi passe six mois aux États-Unis donnant des conférences avec un succès allant déclinant. Il forme des candidats, médecins ou non. Rank est également à New York et donne des cours. lFrance – Création de la société psychanalytique de Paris (SPP), le 4 novembre. Allendy en élabore les statuts avec Pichon. Elle comprend d’abord neuf membres : René Allendy, Marie Bonaparte, Adrien Borel, Angelo Hesnard, René Laforgue (qui assurera la présidence jusqu’en 1930), Rudolf Loewenstein, Georges Parcheminey, Edouard Pichon, Eugénie Sokolnicka (vice-présidente), auxquels viendront se joindre Henri Codet, Charles Odier, Raymond de Saussure.
Traduction par I. Meyerson de la Traumdeutung de Freud, cela ne fit pas de lui un partisan de la psychanalyse, il a composé, en 1925, une recension élogieuse du brûlot antifreudien de Blodel où il taxe la psychanalyse d’être une « matière lourde et malgracieuse ».
J. Lacan fait sa première présentation demalade à la Société neurologique à l’âge de vingt-cinq ans, le 4 novembre 1926, le jour même où fut fondée la SPP. Il passe ensuite de la neurologie à la psychiatrie.

• Grande-Bretagne – En février, Freud est nommé membre honoraire de la Société britannique de psychologie. Création de la London Clinic of Psychoanalysis. Chacun des membres était tenu d’assurer une séance gratuite par jour durant trente années.

Mélanie Klein qui arrive à Londres crée un groupe de psychanalystes d’enfants. La technique du jeu est assise sur un corps de doctrine solide.
• Pérou – Delgado publie avec la collaboration d’intellectuels péruviens un numéro spécial de la revue Mercurio Peruano, consacré à Freud. La revue, fondée en 1791, était, à sa fondation, l’organe des intellectuels criollos éclairés. Cette même année, Delgado publie une biographie de Freud qui sera retouchée d’importance par le maître lui-même.
Suisse – Sur proposition de Binswanger, Freud est élumembre honoraire de la Société suisse de psychiatrie. Première réunion autour de Laforgue, de Robin et de Pichon de ce qui deviendra par la suite le Congrès des psychanalystes de langue française des pays de langue romane.

1927 lJanvier – Freud séjourne à Berlin, chez son fils Ernst. Le 2, A. Einstein, accompagné de son épouse, vient lui rendre visite.
Freud écrit à Ferenczi : « Il est gai, sûr de lui et agréable. Il s’y connaît autant en psychologie que moi en physique, aussi eûmes-nous une conversation très plaisante. » On trouve, à la fin de l’Épilogue (1927), quelques lignes dans lesquelles Freud revient sur la « démarcation » faite dans les publications entre « analyse médicale et application de l’analyse. Cela n’est pas correct. En réalité, la ligne de démarcation se situe entre la psy-chanalyse scientifique et ses applications dans les domaines médical et non-médical ». lSeptembre – Congrès d’lnnsbruck. Dissolution du comité, qui devient une structure administrative composée par les têtes de l’Association internationale. Sandor Rado se voit confier la rédaction d’Imago. lAllemagne – Inauguration par le président de la Société psychanalytique allemande, Ernst Simmel (de 1926 à 1930), du Schloss-Tegel à Berlin-Tegel. Ernst Simmel deviendra le directeur de ce qui est le premier établissement mondial à pratiquer des cures psychanalytiques en institution. Simmel fut le premier à supposer possible le traitement psychanalytique de maladies organiques.

Brésil – Novembre, Durval Marcondes fonde à Sao Paulo la première Sociedade Brasileira de Psicanálise (L’acte de fondation inclut les psychiatres Franco da Rocha et Osório César, et deux modernistes très actifs : Menotti Del Picchia et Cândido Motta Filho, ainsi que d’autres intellectuels et médecins importants, parmi lesquels Raul Briquet, considéré comme un des hommes les plus cultivés de son époque). Deodato de Oraes publie La Psychanalyse appliquée à l’éducation. Le roman de l’intellectuel d’avant-garde Mario de Andrade Aimer, verbe intransitif est critiqué pour excès de freudisme. Mario de Andrade propose l’utilisation du terme brésilien seqüestro (« séquestre ») pour traduire le mot allemand Verdrängung (« refoulement ») employé par Freud, ce terme qui sera adopté par d’autres écrivains, dont le poète Carlos Drummond de Andrade. Julios Pires Porto-Carrero traduit « l’Avenir d’une illusion », de Freud.

• États-Unis – L’APA, enfreignant le règlement de l’IPA, limite l’exercice de la psychanalyse aux seuls médecins.
• France – Le 25 juin, parution du numéro 1 de la Revue fran-çaise de psychanalyse, organe officiel de la société psychanalytique de Paris, « revue publiée sous le haut patronage de M. le Pr Freud ». Il contient « Le Moïse de Michel-Ange ». Cette revue reste fidèle à la démarcation analyse médicale d’une part, application de l’analyse de l’autre. On y trouve un article d’Allendy : « Les éléments affectifs en rapport avec la dentition ». Sacha Nacht, invité pour une conférence sur la schizophrénie, est élu membre de la société psychanalytique de Paris. SophieMorgenstern (qui mettra fin à ses jours en 1940 lors de l’entrée de l’armée allemande dans Paris) publie un article décisif pour les cures d’enfants : « Un cas de mutisme psychogène traité dans le service du DrHeuyer ». Première publication en fran-çais d’un travail concernant l’application de la psychanalyse à l’enfant (à travers les dessins).

Inde – Affiliation de la Société indienne de psychanalyse créée par Girindrasekhar Bose à Calcutta.

Norvège – Stromme a en analyse pendant une année l’écrivain Knut Hamsun, alors âgé de soixante-sept ans.

Russie – Marginalisation et déclin de l’association psychanalytique de Russie. Wulff ou Spielren s’exilent, les analyses didactiques cessent.

• Yougoslavie – N. Sugar, formé à Berlin avec F. Boehm, a travaillé et publié avec Schilder, en 1927, est consultant à l’hôpital juif de Subotica et s’installe dans le privé. Il restera membre de la société psychanalytique de Vienne jusqu’en 1937, date à laquelle il rejoindra la société de Budapest.

1928 lG. Roheim entreprend, avec l’aide financière de M. Bonaparte, une expédition scientifique qui l’emmène à Aden (1928) en Australie centrale (1929) et en Mélanésie (1930) afin de recueillir des données pour démentir les objections de B. Malinowski à la théorie de l’universalité de l’œdipe (avant tout dans les sociétés matrilinéaires). Roheim s’installe à Budapest après son retour.

Brésil –Parution de l’unique numéro de laRevista Brasileira de Psicanálise, sous la direction de D. Marcondes, elle ne reparaîtra qu’en 1967. Ce numéro de 1928 a été envoyé à Freud, qui a répondu tout de suite en disant qu’il avait acheté une grammaire brésilienne et un dictionnaire allemand-portugais afin de pouvoir lire lui-même cette revue pendant les vacances. Marcondes a été également le fondateur du premier cours de psychologie au Brésil, à l’université de São Paulo.

Les principaux fondateurs du courant esthétique et anthropologique moderniste et « l’anthropophagie » Mário et Oswald de Andrade parlent de Freud d’une façon différente, chacun dans son style : le premier écrit dans une lettre de 1928 que Freud avait fait faire un immense pas à la psychologie et qu’il était, comme Darwin, une victime de ceux qui ne l’avaient pas lu ; le deuxième se répand avec effusion sur Freud plusieurs fois dans son œuvre.
Oswald de Andrade cite Freud trois fois dans son fameuxManifesto antropófago, qui est lancé en mai 1928, et propose une relecture complète de la culture brésilienne, tout en prenant appui à sa façon sur les notions développées de horde primitive et de tabou développées par le Freud de Totem et tabou. lEspagne – Ferenczi fait une communication en Espagne, « Apprentissage de la psychanalyse et transformation psychanalytique du caractère ».

• Hongrie – Immense succès des conférences de Ferenczi sur la psychanalyse, données à Budapest (il faut louer la grande salle de l’Académie de musique pour contenir le public).

• Japon – Création par K. Otsuki de l’institut psychanalytique de Tokyo qui sera, en 1931, affilié à l’API.

• Norvège – La psychanalyse commence à être pratiquée sous l’autorité de Harald Schjelderup, professeur à l’université d’Oslo. Cette année-là, sa chaire de philosophie est transformée en chaire de psychologie. Ses travaux concernant les résultats de la thérapeutique psychanalytique ont connu une importance internationale. lRoumanie – G. Retzeanu publie une thèse sur « Les rêves et les démences précoces ».

Suisse – À la suite de la publication de La Question de l’analyse profane (Freud), des tensions s’exacerbent entre adversaires et partisans de la psychanalyse exercée par des non-médecins.
Oberholzer quitte la Société suisse de psychanalyse et fonde la Société médicale suisse de psychanalyse (non reconnue par l’API).

• Yougoslavie – S. Bertheim formé auprès de P. Schilder, puis de S. Rado, en contrôle avec H. Deutsch, s’installe à Zagreb.

1929 lMarie Bonaparte sauve la Verlag de la faillite. Rencontre de Freud et de Max Schur.
Congrès d’Oxford, moment de tension quant à la question de l’analyse profane (l’affaire Reik date de juillet 1926). Occasion aussi pour Ferenczi de promouvoir sa réhabilitation de la neurotica. lAllemagne – En février, création de l’institut psychanalytique de Francfort (sous la direction de K. Landauer, H. Meing et Frieda From-Reichmann), qui travaille en étroite collaboration avec l’Institut en recherches sociales (M. Horkeimer, Theodor Adorno). Hokheimer (qui fit une analyse personnelle avec Landaueur) intégra l’Institut psychanalytique dans l’université. S’ensuit la création de plusieurs établissements psychanalyticocliniques qui durent peu de temps, en raison de leurs difficultés financières. lBrésil – La Société psychanalytique brésilienne, reconnue par l’Association psychanalytique internationale en 1929, avait déjà à l’époque des filiales à Sao Paulo, Rio de Janiero et Bahia. Julio Porto Carrero, médecin de Pernambuco, publie Essais de psychanalyse (1929). lChine – Traduction dePsychologie des masses et analyse du moi par Hsia Fu-Hsin, tenue pour la première traduction de Freud en chinois. De son côté, Zhang Dongsu rédige Psychanalyse ABC où il passe en revue les concepts de base des théories de Freud, de Jung et d’Adler. Les lapsus et les oublis de mots constituaient pour l’auteur des avancées qui « dépassaient le pouvoir explicatif de la psychologie générale ». lJapon – Premières traductions de Freud.

Diffusion de la psychanalyse dans le monde, du temps de la vie de Freud.
1er volet : 1886-1909 – Le Journal des psychologues, 238 : 8-11.
2e volet : 1910-1912 – Le Journal des psychologues, 239 : 13-16.
3e volet : 1913-1918 – Le Journal des psychologues, 240 : 8-11.
4e volet : 1919-1923 – Le Journal des psychologues, 241 : 7-10.

 

 

 

 

Pour citer cet article

Douville Olivier  ‘‘Diffusion de la psychanalyse dans le monde, du temps de la vie de Freud‘‘
URL de cet article : https://www.jdpsychologues.fr/article/diffusion-de-la-psychanalyse-dans-le-monde-du-temps-de-la-vie-de-freud-0

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