Quel soutien psychologique pour les réfugiés ukrainiens ?

Société le 31 mai 2022

Depuis février 2022, près de 70 000 réfugiés ukrainiens ont été accueillis en France, à la suite des bombardements russes de part et d’autre du pays.

Ce n’est pas moins de 5,4 millions d’Ukrainiens qui ont fui leur pays au cours de ces trois derniers mois, selon les chiffres du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) publiés le 28 avril. Le continent européen n’avait pas connu une telle diaspora depuis la Seconde guerre mondiale. Au-delà de l’accueil à proprement parler en termes de logement, de scolarisation des enfants, d’allocations et de travail, se pose la question de l’aide psychologique apportée à des personnes le plus souvent traumatisées, la plupart du temps déracinées.

 

Prévenir l’état de stress post-traumatique

Les réfugiés sont donc victimes de ce que l’on appelle maintenant depuis plusieurs années, l’état de stress post-traumatique. Pour rappel, les premiers signes de symptômes peuvent apparaître entre trois jours à un mois après l’exposition à un événement traumatique. Interrogé par France 3 Nouvelle-Aquitaine, le psychiatre Jean-Jacques Chavagnat recommandait : « Il ne faut pas les interroger sur ce qu’ils ont vécu. Ne pas appuyer là où ça fait mal. S’ils sont arrivés ici, c’est que là-bas c’était invivable. Il faut les aider à retrouver une vie aussi normale que possible, et s’ils en ont envie ou besoin ils parleront. ». Néanmoins les défis s’accumulent, dont la barrière de la langue et une culture « psy » peu ancrée au sein de ces populations.

À cet effet, plusieurs ressources peuvent être consultées en ligne, dont des documents d’informations traduits en ukrainien pour les adultes portant sur les TSPT: comment les traumatismes peuvent nous affecter ;  sur les réactions aux traumatismes ; comprendre le TSPT.

 

Des initiatives nationales et locales

Le ministère des Affaires étrangères a mis en place un numéro d’écoute à destination des personnes exilées : il s’agit du 01 53 59 11 10. À Paris, d’autres structures proposent leur aide, parmi lesquelles le Centre Primo Levi, France Terre d’Asile, Traces Réseau Clinique International, ou encore Le Chêne et l’Hibiscus. Un centre d’accueil est ouvert en semaine de 9h à 18h. Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site de la mairie de Paris. À Lyon, l’association Lyon Ukraine, qui existe depuis 2016, a ouvert début mai la Maison de l’Ukraine – Domivka – afin de proposer un lieu d’accueil aux réfugiés, dont un pôle psychologique avec des psychologues ukrainiens. À Marseille, outre une cellule d’urgence médico-psychologique mise en place par le SAMU 13 (04 91 43 50 47), le ferry Méditerranée permet d’héberger 800 réfugiés ukrainiens, comprenant notamment connexion Internet pour que les personnes puissent rester en contact avec leur famille, des cours de français et un soutien psychologique.

Dans la Somme, une psychologue a créé un groupe Facebook dénommé Pychologists for ukrainians / психологи для українців. Ce dernier recense les thérapeutes bilingues, ukrainophones ou russophones, pour les mettre en relation avec les exilés.

Rappelons que la guerre en Ukraine n’est pas récente, puisque déjà en 2014, la Russie avait annexé de fait la Crimée, tout en étant impliquée dans une guerre de tranchée qui sévit depuis lors à l’Est de l’Ukraine, dans le Donbass.

 

Guillaume Bouvy

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