Stress post-traumatique dans la police et l'armée : améliorer le suivi des familles

Actualités professionnelles le 8 février 2019

Le 14 novembre dernier, la Fédération Tégo, créée en 2015 par le GMPA (Groupement Militaire de Prévoyance des Armées) et l'AGPM (Association Générale de Prévoyance  Militaire) a organisé à Paris son colloque annuel sur un thème d'actualité : "Stress post-traumatique : quelles solutions pour les proches ?"

Les forces de l'ordre sont forcément en première ligne face aux attentats, crimes sordides et toute forme de violence que la société génère au quotidien. Pour certains de ses membres, traumatisés par des événements dramatiques, le temps a passé depuis ce moment où tout a basculé et pourtant, rien n'y fait : leur vie a irrémédiablement changé. Il y a un avant et un après. Un après marqué par une peur diffuse, irrationnelle, hors de tout contrôle, qui s'attache comme une ombre au moindre de leurs pas et les assaille à coups de flashs et d'images morbides et angoissantes. On parle alors d'état de stress post-traumatique. Lorsqu'ils subissent cette blessure psychique, ils peuvent bénéficier d'un suivi psychologique et psychiatrique mis en oeuvre par différents acteurs des services des armées. Mais qu'en est-il de leurs proches ? "La famille du blessé psychique est aujourd'hui mieux prise en compte dans le processus de prise en charge du blessé SPT", affirmait lors de ce colloque le Médecin en Chef Laurent Martinez, coordonnateur du service médico-psychologique  et référent du stress post-traumatique du Service de Santé des Armées. De fait, dans un milieu où il est encore tabou de s'épancher sur les maux de l'âme, le rôle de la famille, premier témoin du malaise et de la « métamorphose » de la victime de stress post-traumatique, est essentiel. Ce sont souvent des épouses ou/et des enfants qui donnent l'alerte et enjoignent un mari, un père à consulter. "Si les familles aident les victimes, il ne faut pas oublier d'aider les familles, car les traumatismes vécus par leurs proches ont parfois un grand retentissement chez elles", ont insisté tous les experts. Aussi est-il important de leur rappeler qu'il existe des dispositifs pour les soutenir elles aussi. A commencer par les psychologues  du Service de Santé des Armées qui peuvent les aiguiller vers une prise en charge individuelle, soit en ville, soit dans des hôpitaux militaires. A l'hôpital militaire de Bordeaux Robert Picqué sont proposés  des groupes de paroles aux femmes des militaires touchés par un stress post-traumatique.  L’hôpital d’instruction des Armées Sainte-Anne, à Toulon, propose, quant à lui, des thérapies familiales. Ainsi, en 2017, 200 membres de familles ont pu sortir du silence et libérer leur parole.

A noter que l'assurance maladie de la Caisse Nationale Militaire de sécurité sociale peut prendre en charge des consultations. Et le Général Patrick Felten, Président de la Fédération Tégo, de conclure que les dispositifs d'accompagnement au profit de ceux qui nous protègent et de leurs proches doivent encore être renforcés...

Sandrine Letellier.

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